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Hôpital Général de Douala : Des larmes pour pleurer un ouvrier de la liberté

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njawe1aLa morgue de l’hôpital général de Douala était pleine de monde. De nombreux journalistes de toute la grande famille des médias, vêtus de noir, sont venus rendre un vibrant hommage à cet individu qui, par son flegme et par sa témérité, a écrit une page inoubliable de la presse camerounaise.

 

Ils ont été nombreux dans la matinée du 05 août 2010 à avoir la forte pluie qui s’est abattue dans la métropole économique. Dans une foule nombreuse qui avait pris d’assaut la morgue de l’hôpital général de Douala, on pouvait distinctement voir des visages bien connus de la scène politique camerounaise : Garga Haman Adji, Grégoire Owona, Anicet Ekanè, Mboua Massock, Jean Michel Nintcheu, Pierre Moukoko pour ne citer que ceux-là, étaient bel et bien présents. A côté de ce beau monde, la corporation n’a pas fait la fine bouche pour une fois. Journalistes et patrons de presse se sont, comme à l’arrivée de la dépouille au fret de l’aéroport international de Douala le mardi 03 août dernier, mobilisés afin de rendre au disparu un hommage à la dimension de sa riche et brillante carrière à la fois comme confrère et fervent défenseur de la liberté de la presse.

njawe1bLa salle octroyée pour la levée de corps a rapidement été prise d’assaut, des heures avant le début de la cérémonie fixée préalablement à 10 heures. Un instant que même le retard enregistré dans l’exécution du programme initialement prévu, n’a guère découragé les milliers de visage accablé. « Même si je dois attendre jusqu’à demain, je ne serais pas gêné. Je trouve que comme hommage pour quelqu’un qui a passé toute sa vie pour défendre une cause collective, lui donner quelques heures de notre temps, paraissent énormément insignifiant. » a indiqué pour la circonstance, Jean Baptiste Sipa, ancien collaborateur et ami du défunt. L’arrivée du cercueil dans la pièce et la vue du corps du vigoureux défenseur des libertés, a replongé l’ambiance dans une abondante tristesse.

Quand après plus d’une heure d’attente due à quelques problèmes protocolaires, le cercueil berge ou or, dans lequel se trouve les restes de Pius N. Njawé fait sa sortie pour la chapelle de ladite morgue, l’ambiance s’alourdit de plus belle. Parents, amis, connaissances, se bousculent pour prendre place dans la salle. Peine perdue hélas. Les enfants de Pius Njawé sont inconsolables, c’est insoutenable ! Le protocole peine d’ailleurs à calmer Amanda, l’aînée qui ne manque pas de se jeter sur le cercueil. Les uns et les autres se mobilisent pour l’en éloigner. Dur, dur…

 

Homélie

njawe1cLa prière de requiem est venue atténuer le chagrin des uns et des autres en ouvrant la perspective pour cet enfant de Dieu, qui consacrait également une part non négligeable de son existence à la vie religieuse, d’une vie après la mort. Une courte prière concise et précise du prélat qui est venu sonner le glas de la fin des cérémonies et permettre aux membres de la famille et amis privilégiés, de se recueillir auprès de lui.

Le départ du cercueil de Pius Njawe, pour le domicile familial a clos la levée de corps laissant perplexes amis et connaissances. Perplexes et anxieux de l’éphémèrement de l’existence. Perplexes et anxieux d’être la prochaine victime du vain combat contre la mort. Perplexes et anxieux de voir cet homme aux traits impavides du visage qu’on aurait cru endormi, tirer sa révérence. Une révérence que même la nature pourtant si froide et imprévisible, a bien voulu lui rendre à travers cette averse teintée de consternation, en attendant le retour définitif samedi à Babouantou, sur la terre de ses ancêtres.

« Il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour rire et il y a un temps pour pleurer. Il y a un temps pour naître et il y a un temps pour mourir…» C’est le principal message qui s’est dégagé de l’homélie des prédicateurs du jour. Le temps de Pius N. Njawé était donc arrivé. Mais ce n’est pas le temps le plus crucial. Il lui reste le temps du jugement, comme cela est révélé dans Hébreux Chapitre 9, versets 22. « Mais j’ai une bonne nouvelle qui réjouit mon cœur par rapport à celui qui est couché ici ce jour. Parce que ces derniers jours, il a fait ce qu’on appelle la réconciliation avec Dieu. Il a reçu le pardon de ses péchés, il a reçu celui qui est son sauveur personnel. Il s’est repenti, il s’est fait baptiser dans les eaux. Il sera jugé c’est incontournable. Mais la Bible dit dans Romains chapitre 8, verset 1er, ‘dès maintenant, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.’ Il n’y aura donc pas de condamnation pour Pius Njawé parce qu’il a accepté Jésus-Christ comme son sauveur personnel et ses péchés lui sont pardonnés. Ceux qui ont cru en lui entrent dans un temps de repos et de réjouissance...» soulignera-t-il.

Dans les rues de la métropole économique, les populations ont salué la mémoire de l’illustre  disparu au passage du cortège funèbre pour Bonamadoumbé, par Bonabéri. Chacun a salué à sa manière le combat du chantre de la liberté. A Bonamadoumbé, le domicile de Pius Njawé porte le deuil. C’est dans un des ses salons que la dépouille a été installée et mise à la disposition du public. « Il n’a pas changé. Il n’a rien perdu de son embonpoint. C’est comme si il dormait. » Nous a confié un voisin qui connaissait bien le défunt. Toute la nuit d’hier, de nombreuses personnes se sont prosternés devant la dépouille du fondateur de Free Media group et de la Fondation Jane and Justice, en guise d’Adieu.

 

Commodités

Pour accompagner la dépouille de l’une des icônes du journalisme au Cameroun, le comité de coordination des actions de la presse a mis à la disposition des Hommes de média des moyens de transport. Trois bus climatisés Vip pour un aller et retour seront gratuitement mis à la disposition de tous les confrères qui voudront assister à l’inhumation à Babouantou samedi matin. Selon le programme à notre  disposition, le départ de la délégation des journalistes est prévu dans la matinée, certaines sources parlent d’ailleurs de 5 heures du matin. Les inscriptions continuent. « Ce n’est pas la contribution qui conditionne le voyage. Elle est volontaire et personne ne doit se sentir obligé. Une liste est ouverte au siège du journal pour l’enregistrement des confrères par organe de presse…» a précisé David Nouwou, un des membres dudit comité. La démonstration a d’ailleurs été faite hier lors de la mise en bière à l’hôpital général de Douala. Bien que n’offrant pas tout le confort auquel on se serait attendu, les journalistes ont été transportés à bord d’un bus pour le lieu du deuil à Bonabéri.

A Babouantou, annonce le comité de coordination des actions de la presse, un espace pour les journalistes a été aménagé et une collation leur sera offerte après l’inhumation.

 

Thierry Nyope  et Paul Ntonyè Njel

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