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C'est une foule bigarrée qui s'est donnée rendez-vous au fret de l'aéroport international de Douala pour la première partie des obsèques du journaliste. C'est aux alentours de 20 heures et 30 minutes que la dépouille de Pius Njawé a été admise dans l’une des chambres froides de la morgue de l'hôpital général de Douala en présence de plusieurs journalistes et de quelques membres de sa famille.
Mais pour y arriver, rien n'aura été facile. Au fret de l'aéroport international de Douala, il fallait faire preuve de beaucoup de courage pour être parmi les rares privilégiés à approcher de près le cercueil où se trouvait le célèbre journaliste.
Arrivée autour de 18h 30 mn par un vol de la compagnie aérienne de transport Swiss air en provenance des Etats-Unis, la dépouille du fondateur du journal Le Messager, décédé des suites d'un accident de la circulation en Virginie, a immédiatement été convoyé du côté du fret où attendaient déjà depuis plusieurs minutes, voire des heures pour certains, une foule bigarrée. Journalistes, patrons de presse, leaders d'opinion, hommes politiques, observateurs… ont tous tenu à rendre un ultime hommage à ce défenseur de la liberté de presse au point où les forces de l’ordre, mobilisées pour assurer la sécurité, ont eu des difficultés pour contenir une foule très agitée qui tenait à vivre les grands moments de cette cérémonie funèbre courue.
Dur…
Il aura donc fallu au comité d'organisation de ces obsèques d'user de tous les stratagèmes pour contrôler la situation. Mêmes les rares photographes et journalistes choisis pour pénétrer l'enceinte aéroportuaire ont « souffert » au moment de la sortie de la dépouille pour son installation dans le corbillard. "Poussez-vous, dégagez-vous de là, nous voulons aussi bien voir..." Pouvait-on attendre au-delà des grilles des installations du fret de l'aéroport de Douala. A l'extérieur, la tension était vive. Les milliers d'admirateurs de ce combattant de la liberté de la presse qui avaient effectué le déplacement mourraient également d'envie de voir au moins pour une dernière fois, les restes de leur idole. L'émotion était grande et cela se lisait sur les visages timorés des uns et des autres. Du côté de la famille Njawe et plus précisément les enfants, c'était insoutenable. Certains en ont même perdu connaissance lorsque le cercueil est apparu au fret, encadré par quelques directeurs de publication.
Le Dr Félix Zogo du ministère de la Communication, Emmanuel Tchatué, Pdg de Canal
2 International, Michèle Ebongué, délégué régional de la communication pour le Littoral, Sévérin Tchoukeu et autres se sont inclinés devant le cercueil avant que le corbillard ne prenne la direction de l'hôpital général de Douala. "Sauvé par le sang de l'agneau, sauvé à jamais l'enfant de Dieu..." Ce sont-là quelques cantiques qui ont rythmé l'angoisse du public jusqu'au départ du cortège funèbre. Une colonne humaine s’est dressée au passage du corbillard avec ces propos d’adieu : "vas mon frère, avances-toi, tu n'as pas combattu pour rien. Nous te raconterons ce qui s'est passé quand on se retrouvera."
La suite du programme de ces obsèques prévoit la mise en bière demain à l’hôpital général de Douala ; suivie d’une veillée au domicile du défunt à Bonabéri et l’inhumation samedi prochain à Babouantou par Bafang.
Thierry Nyope
