Opération épervier : L’affaire Mebara renvoyée


Une dizaine de minutes après l’ouverture de l’audience, le juge Nnomo Zanga a reporté le procès au 26 août prochain. C’est escorté par une dizaine de gendarmes fortement armés et installés à l’arrière du pick-up blanc qui l’a conduit à l’audience que Jean Marie Atangana Mebara a fait son entrée dans les locaux du Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi où s’ouvrait son procès dans l’affaire l’opposant à l’Etat du Cameroun pour détournement et tentative de détournement de la somme de 31 millions de dollars (environ 15 milliards de Fcfa).
Vêtu d’un boubou bleu, la tête recouverte d’une chéchia, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr), dont la silhouette s’est sensiblement épaissie entre-temps, est apparu plutôt décontracté pour cette première comparution publique. Devisant chaleureusement avec certains membres de sa famille et amis venus assister au procès, l’ex Sgpr a donné le change. Une «force de caractère» qui n’a nullement échappé à la centaine de curieux venus assister à l’audience. Ce alors que Patrick Marie Otele Essomba, son co-accusé dans l’affaire l’opposant à l’Etat du Cameroun pour détournement et tentative de détournement de la somme de 31 millions de dollars (environ 15 milliards de Fcfa) virés en août 2001 par la Snh à Gia International pour l’acquisition, en faveur de l’Etat du Cameroun, d’un aéronef neuf de marque Boeing Business Jet de deuxième génération (Bbj-2), est resté plutôt discret.
A l’extérieur et à l’intérieur de la salle d’audience, les gendarmes l’ayant conduit au tribunal se sont postés, l’arme au poing. Une dizaine de minutes seulement après l’ouverture de l’audience, la juge, Marcelline Nnomo Zanga a levée la séance, renvoyant ainsi l’audience au 26 août prochain. La raison invoquée par le juge a été la «composition collégiale du tribunal».
Les spéculations vont donc bon train sur la composition de ce collège de juge à la tête duquel on voit bien le juge Robert Schlick assisté de sa consœur Marcelline Nnomo Zanga.
Toutefois, pour cette première et brève concertation, on n’a pas manqué d’être étonné que le juge remette à l’ordre du jour le chef d’accusation qui porte sur les 765 millions de Fcfa qui marquent le différentiel entre les quatre milliards virés par la Snh à la Camair dans un compte domicilié à la Standard Chartered Bank. Accusation pour laquelle un non-lieu avait pourtant été prononcé. Dans ce dossier, il était ici reproché à l’ancien secrétaire général de la présidence et à ses «coaccusés» dans un autre dossier, d’avoir essayé d’accaparer frauduleusement ladite somme en enjoignant la Société nationale des hydrocarbures (Snh) de la transférer à la Standard Chartered Bank en remboursement des créances de Ansett sur la Camair.
Alors que le procès s’est officiellement ouvert hier, soit deux ans après l’arrestation de Jean Marie Atangana Mebara et de ses co-accusés, l’instruction judiciaire se poursuit pour quatre autres chefs d’inculpation notamment sur les 1,5 milliard Fcfa où il est inculpé en coaction avec Patrick Marie Otele Essomba et d’autres individus. Ils sont accusés d’avoir obtenu frauduleusement cette somme virée par la Snh dans le compte de la société Apm. La mise à disposition de cet argent aurait dû servir à payer des loyers de la Camair.
Pour ce qui est des 720 millions Fcfa, il est reproché à l’ancien Sgpr et à l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, Jérôme Mendouga, l’absence de justificatifs d’utilisation de ladite somme virée par l’Etat du Cameroun dans le compte de son ambassade aux Etats-Unis. L’instruction se poursuit également à propos des 2,5 milliards Fcfa qui étaient affectés à l’achat de l’«Albatros», l’avion présidentiel qui fit tant de bruits en son temps. Sur ce dossier, M. Mebara est accusé d’avoir distrait cet argent avec la complicité de l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, Jérôme Mendouga.
Dorine Ekwè