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Les résultats attendus au premier semestre 2010 n’ont pas été atteints, alors que de nombreux conteneurs sont toujours en souffrance au port de Douala.Sur les 246 milliards de Fcfa attendus au 31 mai 2010, seuls 226 milliards de Fcfa ont été collectés. Ces chiffres ont été rendus publics en fin de semaine dernière par Minette Libom Li Likeng.
La directrice générale des Douanes camerounaises présidait une réunion de coordination des services centraux et extérieurs.
Les Douanes camerounaises avaient collectés au 31 mai 2010, une somme de 226,47 milliards de Fcfa au lieu de 246,43 milliards de Fcfa. Soit une baisse dans les collectes de près de 20 milliards de Fcfa et un taux de réalisation de 92% contre les 99% atteints l’an dernier à la même période. Elle attribue cette baisse à la hausse du dollar, à la défiscalisation du sucre, les difficultés liées à l’évaluation de certains produits comme les cigarettes et les alcools, à la suspension des importations des huiles végétales qui représentaient près de quatre milliards de Fcfa, à l’incendie de quelques marchés et aux jours fériés du moi de mai. Aussi, le montant des manques à gagner dues aux exonérations accordées aux entreprises s’élève à 19,5 milliards de francs Cfa au 31 mai 2010.
Minette Libom Li Likeng qui se veut optimiste quant à l’atteinte de l’objectif de 500 milliards de Fcfa compte notamment sur les fêtes de fin d’année, la rentrée scolaire 2009/2010, l’apurement des créances d’Alucam, de Fokou et d’Afrique construction, la révision des valeurs de références sur les cigarettes et les alcools ou encore sur l’application du protocole Douanes/Guinness. Ainsi que sur les exportations et les importations de pétrole brut qui n’auraient pas été comptabilisées.
Si les Douanes camerounaises ont pu atteindre ce chiffre, c’est grâce notamment aux secteurs des douanes du Littoral 1 et 2. Le secteur du Littoral 1 a réalisé 97.912.478.140 Fcfa ce dernier semestre, soit « une valeur relative de 96% ». Bien plus, au deuxième trimestre, ledit secteur a enregistré 734 affaires en ce qui concerne la production contentieuse, contre 610 à la même période l’année dernière. Le secteur du Littoral 2 a, de son côté, enregistré
9.917.524.467 Fcfa sur les 10.600.000.000 Fcfa attendus. Ce qui représente un taux de réalisation de 93,56%, soit une augmentation de plus de 8% par rapport au premier trimestre de l’année en cours. La meilleure performance mensuelle depuis le début d’année a été enregistrée en avril. Dans ce secteur, l’on souligne que « le nombre d’affaires et montant de la valeur ajoutée ont été multipliés par deux. »
Goulots d’étranglement
Après un simple calcul, on se rend compte que le Littoral à lui seul a réalisé près de 102.384.500.000 de Fcfa sur les 226 milliards de Fcfa répertoriés, soit plus de 45% des recettes au cours de ce premier semestre. Un constat qui n’a pas laissé les observateurs avertis insensibles. Dans la mesure où les services des douanes camerounaises sont enregistrés dans plusieurs localités du pays. De quoi se demander où sont passés les services des douanes implantés dans l’Océan, le Nord, l’Extrême-nord, pour ne citer que ceux-là.
Ce n’est un secret pour personne, ces lieux sont considérés comme des viviers importants de la fraude douanière. Que ce soit le carburant, les liqueurs, ou encore les produits alimentaires, le commerce illicite prospère à la barbe des autorités douanières. Quand il n’est pas encouragé par ces derniers qui laissent passer au quotidien à la frontière Cameroun-Nigéria, des tonnes de marchandises, moyennant quelques billets de Fcfa. Ici, les contrebandiers jouent au gendarme et au voleur.
En dépit des mesures prises de part et d'autre par les autorités politiques, la fraude douanière est un véritable sport local entre le Nigéria et le Cameroun. La forte demande, l'inefficacité du contrôle et les droits de douane élevés font le bonheur du fonctionnaire corrompu, du contrebandier, et... du bandit de grands chemins. Il en est de même du côté de la frontière Cameroun-Guinée Equatoriale.
A cela vient s’ajouter les longues files de conteneurs qui s’entassent tous les jours au port autonome de Douala, à cause des tracasseries mises sur pied par certains fonctionnaires véreux, parfois à la solde des multinationales.
Thierry Nyope
