Produits alimentaires importés : Une nouvelle procédure de certification en étude



Elle entend renforcerles besoins de traçabilité et de conformité. Il faut mettre un terme à l’incurie qui prévaut actuellement dans le domaine de l’importation des produits alimentaires avec l’entrée frauduleuse en territoire camerounais des marchandises à la qualité pas toujours sûre. La manifestation d’une telle volonté passe nécessairement par la mise en place d’une nouvelle procédure de certification en la matière.
A l’initiative de l’Agence de la norme et de la qualité (ANOR), représentants de différentes administrations publiques, opérateurs économiques de la filière et membres de la société civile se sont retrouvés hier à Yaoundé dans le but de définir la traçabilité, la conformité et les délais d’affranchissements des produits alimentaires qui entrent au Cameroun. A l’avenir, chaque opérateur de la filière devra s’assurer que sa marchandise est conforme au dispositif de métrologie contenu dans la norme, à l’échantillonnage et aux analyses définis par l’ANOR ou tout autre organisme agréé par cette dernière avant sa mise en consommation.
Pour les participants, il est question de revoir la traçabilité des marchandises. Selon eux, le marché camerounais est inondé par de produits dont on ignore la provenance au grand dam de la santé des consommateurs. Tout comme bon nombre de ces produits ne sont pas consommés sur place dans leurs pays d’importations. Un autre problème est également lié au délai de délivrance de certificat de conformité. Beaucoup d’opérateurs trouvent que cette phase prend assez de temps plus qu’il n’en faut, du fait des analyses préalables à effectuer sur les produits. Ce qui fait que pour le dédouanement des marchandises, les dérogations qui sont souvent à la mode ne sont pas toujours bien utilisées. Ceci au grand désarroi des commerçants qui voient très souvent leurs marchandises retirées du marché par les services du ministère du Commerce pour non-conformité à la norme.
Avant son entrée en vigueur, d’aucuns trouvent déjà salutaire la future procédure de certification. Pour Isabelle Fotsamene de Pacific Holding Sarl, «nous sommes souvent victimes des entrées frauduleuses de produits. On vous dit que des gens ont consommé tel produits et qu’il a causé tel malaise. Il faut qu’il y ait une traçabilité pour qu’on sache que ce qui entre dans notre pays est de bonne qualité.» «Les procédures étaient très longues. Il fallait attendre des semaines et des semaines pour obtenir une certification. Nous espérons une rapidité de la certification et que celle-ci s’assure que le produit importé est de bonne qualité», ajoute Simon Pierre Essomba Abanda de Deelite Sarl. Même satisfaction du côté des consommateurs. Selon Dellor Magellan Kamseu Kamgaing, «la validation de cette procédure viendra renforcer la sécurité alimentaire du consommateur. A l’avenir, on sera assuré que les pays importateurs sont eux-mêmes consommateurs de ces produits. Car, comment savoir qu’une sauce est bonne si on ne la goûte pas soi-même?»